Vendredi 13 janvier 2012 5 13 /01 /Jan /2012 13:44

 

Un étrange métier que celui de camoufler !


Description rapide de la maquilleuse clichée (qui dit cliché dit qu’il y en a pas mal quand même sur le terrain ; mais qu’il n’y a pas que ça).


Une fille un peu fofolle, a l’humour suspect et l’humeur versatile, l’air séducteur, toujours prête à vous masser ( si si même si c’est en-dehors des compétences requises). Rien n’est un problème, elle peut tout faire, même vous panser une plaie. Oui, on confond souvent la maquilleuse avec l’infirmière plateau. On dit d’une maquilleuse qu’elle doit devenir votre confidente, votre soutien, votre détente.


Malgré tout la maquilleuse est stressée,( elle a souvent pas mal de problème a gérer dans sa vie, pensant qu’elle en vit plus que les autres et que c’est difficilement supportable.elle a trop de trucs à gerer, Elle).

elle doit réussir ce qu’elle a promis sans véritablement savoir si elle sait le faire. Oui il faut se vendre à n’importe qu’elle prix. ( Si elle n’a pas réussi à convaincre, car c’est son seule but, elle finira sûrement à la soirée de fin de tournage par une gâterie quelconque pour remonter sa cote ; pour ça elle choisira entre le chef op’, le prod exe.ou le réal.) Choix cornélien s’il en est. Le prod .exe étant le plus dur à obtenir, il faut le travailler au corps depuis pas mal de temps. Le réal ne sert à rien, mais ça fait toujours plaisir pour son égo ; (Chapitre sur le réalisateur sûr de lui la semaine prochaine).


Oui le plaisir d’être reconnu. Ah ça c’est LE POINT faible de la maquilleuse. Mon dieu que cette petite créature a besoin de câlins, de compliments, de compréhension. Oh mon dieu comme tout cela lui prend beaucoup de temps. (Au lieu de bosser….). Et la pauvre ce n’est pas elle qui est devant la caméra. Oui la maquilleuse clichée a des rêves cachés. Enfin là, on a affaire à deux possibilités. Il y a aussi la maquilleuse qui est tellement obnubilée par son matériel qu’elle ne voit même pas la personne qu’elle doit mettre en valeur. Elle joue à la poupée, sans prêter attention aux aléas, la lumière, la physionomie, le bien-être.


Mettez deux maquilleuses dans une même pièce et laissez mijoter quelques minutes ; Au début ça va se faire des sourires, puis les questions vont fuser : «  tu as travaillé avec qui ? Quel matériel tu utilises ?ah bon, tu n’utilises pas le correcteur YVES ST LAURENT, mais attends mais c’est la base !!!!!!! Ah bon, tu travailles en province ? Tu ne dois pas beaucoup travailler alors ? Non mais ça m’arrange comme ça, je garde mes contacts et toi les tiens ; de toute façon je vois pas pourquoi tu irais sur ce tournage, j’ai fait tous ceux d’avant». Par obligation, les maquilleuses ne veulent pas s’entraider de peur d’être bouffé. La maquilleuse a peur et veut défendre son territoire. La maquilleuse est surement stupide de s’attacher à si peu mais elle se camoufle et se cache derrière sa coolitude…parce qu’être maquilleuse c’est cool !


Le voilà le gros problème de la maquilleuse, SES  contacts !!!


Dans ce monde de l’apparence dans lequel la maquilleuse a décidé de naviguer, elle se cache elle-même la vue ! Ce n’est pas la course aux listes de meilleurs contrats, ou bien au contrat tout court. Beaucoup trop de maquilleuses sur le marché. Elles se sentent menacées à longueur de temps, par d’autres filles qui bizarrement avaient les mêmes rêves. Elles ont juste remplacées le prince charmant par l’acteur ou le réalisateur charmant. Mais dans ce monde factice, la maquilleuse a oublié son rôle à la construction du personnage, à la mise en place d’un environnement stable de travail.et surtout à la création de lien créatif.


Mais la maquilleuse est trop occupée à interagir avec son égo, oublie que d’autres techniques existent et non pas seulement celle qu’elle a appris dans son école.( c'est une chose très importante pour elle de savoir d'où elle vient, même si tout le monde s'en fout) Que d’autres supports existent pour éventuellement avancer. Je conseillerais à la maquilleuse cliché (car je ne parle pas des autres, si si, il y en a avec un égo normal. j’en connais au moins 5, c’est un bon début) de faire du yoga et envisager son métier comme un métier de création et non de camouflage, de couleurs (trop glossy, c’est TROP beau) et de vantardise.


Ce n’est que mon avis et il n’est pas forcément recommandable.

Par Archibald Maspero
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Mercredi 26 octobre 2011 3 26 /10 /Oct /2011 15:33

 

Bienvenue dans le monde des Bisounours. Et au contraire de ce que l’on pourrait penser, c’est moi le Bisounours.


Après une multitude d’épreuves rocambolesques au travail, me voici licencié économique.  Epreuve à surmonter. Envie de changer de voie. Pourquoi pas ? Pour une fois, j’ai des droits ouverts, je peux profiter de formations. Je peux profiter de réfléchir à ce que je veux faire. A l’idée d’aller à l’ANPE (et là on me reprend : «  ça fait longtemps que t’as pas été au chômage ou bien ? » pardon le pôle emploi)


Après mûres réflexions, je suis tout heureux d’aller dans ce lieu magique, près à nous aider à voir l’avenir différemment.


« C’est bizarre, j’arrive pas à faire votre inscription. J’appelle un collègue »

Le collègue : «  c’est bizarre, on n’arrive pas à faire votre inscription. »

« Votre dossier a l’air d’être compliqué. Vous étiez pas chez nous avant ? »

« Non, j’étais à l’ANPE spectacle »

«  C’est peut-être pour ça »


Je vois pas bien où ça pourrait bloquer mais je n’en demande pas plus ; les gens du spectacle vous savez, ça pose toujours des problèmes, ce sont des fainéants et ça rentre pas dans les cases. Alors ça doit être pour ça que ça ne marche pas.


« On va donner votre dossier au département du dessus pour qu’ils voient où est le problème, je mets un post-it dessus, comme ça il y aura une trace. » c’est vrai qu’un post-it, ça reste. C’est un bon moyen pour laisser une trace.

« Vous voulez continuer à faire votre métier ? parce que c'est bien beau de VOULOIR faire, mais faudrait plutôt a voir ce qu'on PEUT faire.


«  j’aimerais faire une formation en infographie, apparemment j’ai des droits ouverts à la formation. »

« ben oui mais l’infographie c’est bouché en ce moment, et je vois pas la feuille qui dit que vous avez le droit au DIF ».


Et tu vas t’arrêter à ça, connasse !


Je sais bien qu’il y a des quotas à respecter, je sais bien qu’il faut caser le maximum de gens en un minimum de temps, montrer son efficacité avant tout. Je suis con, je sais. J’ai envie de faire un métier qui me plait. La honte, hein ? Apparemment, oui. «  On ne fait  pas ce qu’on veut dans la vie mon petit monsieur. » je ne sais pas ; Peut-être parce que je n’arrivais pas à digérer cette phrase étant petit que j’ai encore plus de mal maintenant. On ne fait pas QUE ce qu’on veut, certes. Mais pour le reste, c’est ma vie et j’en fais ce que je veux.

C’est peut-être parce que j’ai fait la queue aux impôts ce matin pendant une bonne heure, que je suis un peu tendu, mais je vais exposer mes idées. Je ne partirais pas sans avoir dit ce que je pense.


« J’ai toujours réussi ce que je voulais professionnellement. Il n’y avait soi-disant pas de travail en librairie, surtout pour quelqu’un sans diplôme, je suis devenu libraire. Il n’y a pas de débouché dans le milieu du spectacle, j’ai tenu 5 ans et ça m’a plu. Je ne rentrerais pas dans le discours « mais est- ce que tu pouvais en vivre », car financièrement je ne m’en sors pas bien sûr. Qui s’en sort ? Mais ça m’a fait vivre, ça m’a fait vibrer, ça m’a fait connaitre des sentiments aussi bons que mauvais.

 

Alors oui, tout est bouché, mais si je ne fais que ce que vous me dites, je vais être manutentionnaire encore une fois, et j’ai plus envie d’occupper mes journées juste à prouver au gouvernement que oui il y a du boulot, si on se bouge un peu, on trouve. J’ai envie de croire que si je me bouge dans ce que j’aime, je trouverais. »


A cela, la dame du pole emploi me sort : « j’ai envie de croire dans les gens (formulation mot pour mot) et leur motivation mais (le fameux) MAIS, on voit les profils. Après si vous arrivez à me convaincre avec de bons arguments (ah bon….alors si je te manipule un peu, tu lâches…intéressant). »


Je ressors en étant qu’un profil et non pas un « gens » en qui la dame aurait envie de croire.


Couper l’herbe sous mon pied, je courrai plus vite. Je ne me laisserai pas faire et même si la dame dit «  ça va être le parcours du combattant, ce que vous voulez faire ». Et bien je mets ma combi de paintball et j’attaque, car tout ça, ce n’est que de l’intimidation pour intimer l’ordre de ne pas croire en ces rêves, marcher à genoux, faire perdre l’ambition et faire croire que nous sommes un peuple mort.


Attends la relève cocotte ; on va pas se laisser faire !

 

Par Archibald Maspero
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Mercredi 21 septembre 2011 3 21 /09 /Sep /2011 12:57

                                                                             X


                                                    The Tube : la machine infernale !

 

Mes journées sont rythmées par les transports en commun ; pas toujours régulier, pas toujours agréable. J’arrive à destination avec un certain entrainement. Parfois j’aimerais ne pas avoir à le prendre de la journée mais c’est impossible. Une grande ville, très grande ville avec un sens du code de la route qui me dépasse. Impossible d’essayer même le vélo, en tant que piéton, je galère à comprendre d’où viennent les voitures. Incroyable comme le cerveau gère les données. Ma tête se tournera de toute façon vers la gauche pour voir les potentiels voitures arriver, bien que ce soit en sens unique et que les voitures ne peuvent arriver que du côté droit. Oui mais on sait jamais !


L’inversement des données pose question et fait travailler l’imagination. J’aimerais réellement savoir pourquoi dans le monde entier, les anglais sont les seuls à rouler à gauche ? Comment leur est venue cette idée ? Qui l’a mise en place ? Et pourquoi sont-ils les seuls ? Il y aurait pu avoir la moitié des gens sur cette planète à voir les mêmes idées. Non ce sont les seuls !

Avant d’arriver dans ces rues magiques, le tube.


Le moyen de transport obligatoire si on ne veut pas se péter les rotules des genoux en deux jours.

Beaucoup de personnes ne comprennent pas comment le métro fonctionne. C’est rassurant. J’ai entendu dire qu’il était plus facile de se repérer dans le métro anglais que celui de Paris ; ce qui est totalement faux.  Une fois capter les grandes lignes, il est impossible de s’y perdre mais c’est une logique à avoir.


 Je ne sais pas si ça fait partie de la culture française, mais ça manque de clochards ici. Pas un brin de musique dans les couloirs, pas un rabatteur dans les rames. En même temps vu le prix du billet à la journée, on comprend…9 livre…si vous oublier de composter votre billet à l’entrée et à la sortie. On veut être sûr que vous ne restiez pas à l’intérieur. Alors on s’engage très vite à acheter une oyster card pour des trajets beaucoup moins chers. Qui a inventé le nom de l’oyster card ? Qu’on m’explique l’origine de cette carte huitre.


Pour rajouter à la facilité de l’outil, Londres recevant les jeux olympiques dans moins d’un an , a décidé de refaire toute la ville. Et le métro. Certaines stations sont fermées en permanence et le week-end certaines lignes sont complètement coupées. Ce qui est assez rocambolesque lorsque vous ne connaissez pas les connections en bus.


Ah oui le bus !

Vous ne trouverez pas de plan de bus récapitulatif. Il y en a trop. A vous de chercher dans les rues, des petits panneaux avec quelques lignes qui pourraient éventuellement vous rapprocher d’éventuellement une autre ligne qui y irait dans votre quartier. 25 minutes peuvent se changer en 1h30.


Et c’est là que je me dis, ne pas travailler à Londres, c’est vraiment bien. On a le temps de se perdre et le temps de ne pas s’énerver. Je ne sais pas si je serais capable de revivre un deuxième Paris et ces heures interminables de trajets. Ces odeurs magiques et cette chaleur étouffante qui vous amène proche de l’évanouissement. Ah le métro, s’il n’existait pas, il faudrait l’inventer !

 


Ps : je suis retournée voir le tableau de Turner à la National Gallery, je l’ai observé pendant pffffffff longtemps. J’ai découvert que Turner n’allait pas dans le détail  des personnages, il n’y a pas d’articulation aux bras. Pas forcément de pli aux vêtements qui pourrait donner un effet de mouvement. Alors que pour les détails des arbres ou les marbrures des pierres, il y a un travail très minutieux.

Par Archibald Maspero
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Vendredi 9 septembre 2011 5 09 /09 /Sep /2011 19:35

 

                                                                                  IX


                                                       ( Tom FORD contre Charles Dickens)

 

            Je retrace vers le Tate Modern aujourd’hui, en espérant pouvoir flâner quelques heures. Je m’arrête à London Bridge et décide de marcher dans les rues, voir le quartier et rejoindre le musée. Je suis au bord de la Tamise. Elle est large, marron, basse, vilaine. Des bateaux de commerce et  ce qui s’apparente à un navire militaire sont à quai. L’architecture des bords  de Tamise est très hétéroclite. Bâtiments extrêmement modernes, ronds, biseautés, en vague, de glace teintées ; enchevêtrés dans les maisons de pierre et usines existantes depuis quelques siècles. Un petit chemin parcours la Tamise. On y découvre de petits bars, restaurants et des bureaux. De petites rues pavées, sombres mais vivantes s’alignent à perte de vue. Incapable de savoir à quel niveau je me trouve. En même temps, si je pousse le vice à oublier ma carte tous les jours c’est qu’il y a un truc.


            Au bout d’une bonne demi-heure je me retrouve devant le Tate. Ma balade ma tellement plu que j’ai envie de continuer à arpenter les rues au gré du courant. Je traverse la tamise sur un pont piétonnier. Un jazzman joue un air connu pour touristes. Un vent de folie, un gris orageux. Des nuages d’une extrême variété de nuances. Je me dirige vers le quartier de ST Paul ; quand je prends l’ampleur de la marche qui me reste à faire pour atterrir dans un quartier que je connais, je me lance dans la compréhension de la ramification des bus afin de rapprocher de mon but. Le 23 devrait m’y aider.


            20 minutes plus tard je me retrouve vers Oxford Street, une avenue blindé de monde, des magasins partout.   Au bout d’une journée de shopping, vous avez vu la majeure partie de ce qu’il y a à voir. Les enseignes sont toujours les mêmes. On peut même trouver deux H&M à 100 mètres l’un de l’autre. Bon d’accord rue de Rivoli, Paris, même combat. Les fringues sont dans le même style partout. Si tu n’aimes pas, faut t’accrocher. Même trouver des basiques devient une lutte.


              Une enseigne, malgré tout me rappelle qu’avant de me plonger dans les livres, j’utilisais des pinceaux pour la mode. Je vois TOM FORD, je rentre. ( le nom de la boutique m'échappe)

Je ne m’attendais pas à voir ça un jour. J’avais eu un vague aperçu de ce que pouvait être une bande de maquilleurs au Sephora des champs à Paris, au printemps, dans les MAC ou sur certains défilés Lanvin avec Stéphane Marais. Mais là…une multitude de stand de marques les plus prestigieuses, de maquillage, de parfum, de pinceaux. Des showrooms de partout.


              Tous les maquilleurs sont prêts à mettre en valeur la moindre parcelle de peau. Tous habillés en noir, très apprêté et avec le sourire. Pourtant dans cette ambiance bruyante, je ne sais pas si j’aurais encore le courage de sourire après toutes ces heures, blindées de gens en demande. Tous les produits sont présentés mais impossible de ce servir. Par contre on est prêt à vous en faire la démonstration. oh mon dieu je rêverais de me faire maquiller en Tom Ford, par Tom Ford, tout ça, tout ça par Tom Ford. Une gentille maquilleuse aux cils 5 fois trop long pour être vrai me propose de me maquiller et …..Je refuse. Je déteste qu’on me touche le visage. Paradoxe du maquilleur.


            Shu Uemura reste ma marque de prédilection aimant les matières discrètes et légères qu’elle propose. Dior, Chanel, Guerlain, illamasqua…..Puis des marques que je ne connais pas. Il faut dire que j’ai laissé tomber ce milieu il y a quelques années et je suis un peu dépassée par les tendances.je continue à me balader dans ce dédale de stand. On nous propose à un corner un cocktail à boire dans un verre à Martini, juste pour vous désaltérer. Free. Ça c’est la classe.je vois Prada au loin, un espace maroquinerie avec les plus grandes marques de cuir. Des étrangères se la jouent avec des pochettes en cuir. Le style est vieux, mais comme c’est une marque ça fera l’affaire.


            Et voilà, ça me revient, voilà pourquoi je n’aimais pas ce milieu de la mode. J’aime le beau, j’aime le cuir, j’aime les matières, j’aime la couleur. J’aime faire du beau avec stylistes, coiffeurs, mannequins, photographes, réalisateurs. J’aime construire, créer, habiller. Mais ce que je ne supporte pas, c’est qu’on fasse de cet univers magnifique un univers de superficialité fabriqué autour de l’argent et de la supériorité que certaines personnes en font. Parce que j’ai la possibilité de m’acheter un Prada, parce que j’ai un Prada, ça fait de moi quelqu’un d’intelligent et reconnu par mes pairs, c’est-à-dire soit les gens riches, soit les gens qui ont du goût. Malheureusement je fais partie des gens pauvres qui ont du goût. Si j’avais la possibilité de m’acheter de très belles tenues, et refaire une valise de make up, et d’avoir un beau sac, je suppose que je ne me croirais pas plus intelligente mais simplement mieux habillé. Ça ne m’empêcherait pas de mettre mes bottes en caoutchouc  le dimanche en forêt. Bref, de vieux démons à régler certainement. Il y a une papeterie.  De luxe. Mais comme j’aime les choses belles, j’y vais.


              MontBlanc, Faber-Castell, Dupont. Je retrouve mes marques, je vois les nouvelles collections. Ca me rappelle à mes bons souvenirs que je viens de quitter la société la plus pourrie qui soit ayant les plus beaux articles que je n’avais jamais vu. Je suis bien contente de savoir comment sont fabriqués certains stylos, et d’avoir pu travailler avec ces objets-là. Quand je vois les vendeurs, je me dis que c’est étonnant comme on essaie de faire passer la qualité d’une marque d’un stylo par l’apparence du vendeur. Ils sont extrêmement chic, pratiquement avec le nœud papillon. Les vendeuses tirées à 4 épingles. Sachez  mesdames, messieurs que j’ai réussi à vendre plus d’un Montblanc et de Graf Von Faber Castell en jean et baskets.  La passion de la papeterie, ça ne s’explique pas. Je me fais plaisir aux yeux en tout cas.


              Epuisée par ce lèche-vitrine, je décide de rentrer. Parce qu’il est tard et que je n’ai plus rien à manger je passe vite fait au Mark&Spencer en face de chez moi. C’est cher mais c’est ouvert.


              Au fond du magasin, là où se trouvent les portes destinées au personnel, là où on fait passer les marchandises se trouve plusieurs personnes avec leurs caddies. Y aurait –il un service proposé que je ne connaisse pas ? Je rôde pour voir ce qui s’y passe.


            La porte s’ouvre, une personne balance un caddie de l’intérieur vers les personnes qui attendaient. Et là, pire qu’une bagarre de chats devant des poubelles, les gens se précipitent sur le caddie en hurlant, « c’est pour tout le monde, c’est pour tout le monde, ne prenez pas tout ». Des familles sans un sous pour manger se déchiraient pour avoir quelques patates à manger avec deux pauvres yaourts. Ce n’est pas chez nous qu’on verrait ça, c’est sûr. Nous on préfère jeter la nourriture 4 jours avant qu’elle ne soit périmée plutôt que de la donner aux gens affamés. Après avoir vu des gens se pavaner avec un Prada devant une glace, en train de faire un petit défilé, je me retrouve dans l’Angleterre de Dickens où les pauvres existent bien. Voir des indiens costumés en superman avec un seau pour récupérer quelques pièces pour les orphelinats du coin était déjà impressionnant à voir, voir risible (en superman quand même) mais là voir les familles à la fermeture du magasin en train de se jeter sur les restes, je me croyais vraiment au XIXème dans un roman de Dickens.

 


Encore une journée bien remplie !

Par Archibald Maspero
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 03:07

                                                                           VIII

 


            Il est temps que je me bouge les fesses. Je prends mon temps aujourd’hui, mais les musées ferment tôt. Et j’ai une bonne heure de métro pour arriver au Tate (je ne sais pas si on dit à la Tate, au Tate). Je prends la nothern line via Bank et je m’arrête à london Bridge, là je prends la Jubilee line et je stoppe à Southwark ; ensuite je me perds vite fait dans un dédale de bâtiments administratifs plus moche les uns que les autres (ah oui, à rajouter, sous une pluie battante, un vent à décorné les bœufs).

 

         Je trouve enfin la Tate Modern. Et là je me dis que je n’ai vraiment pas le sens de l’orientation. Je suis à peine à trois rues du métro ; ce n’est pas sorcier pourtant de lire un plan. L’architecture du musée est réputée pour être assez odieuse. J’admets que ça fait un peu vieille usine à charbon mais à vrai dire, ça va bien avec le quartier.

 

            En rentrant, je découvre une ambiance chaleureuse, des couleurs plutôt sombres avec des lumières apaisantes. Un silence d’église, comme si l’art avait la même importance que la religion (en fait, l’art c’est ma religion alors oui, d’un sens, c’est plausible). Je monte d’un étage, je découvre le hall. Je me sens bien ici !!! Du parquet au sol, des écritures sur les murs. En fait, il s’agit d’une frise chronologique des artistes exposés ici. La Time Line de la Tate. Je me lance dans une première salle sans savoir réellement ce que je  viens voir.

 

        Ok, première claque. Man Ray, Miro, Dali, Picabia. Ça commence fort. Picasso aussi. Mais pas toujours des tableaux des périodes connues ; donc intéressant. Découvrir autre chose, d’autres époques. Les galeries sont claires, blanches, bien éclairées. Les tableaux et les œuvres ne sont pas installés de manière linéaire. En quinconce, par binôme, puis tout seul puis un ensemble de quatre tableaux. Des petites salles dans les grandes, des couloirs moins éclairés, puis une grande salle avec un seul tableau. Rien que l’agencement du musée et une œuvre en soit.


           Mes yeux s’arrêtent net. Il est là. Il est face à moi. C’est indicible ce que je ressens à ce moment-là. Ce n’est pas comme Leonard De Vinci, parce que Leonard, j’en avais déjà vu à Rome, et à Paris. Mais là, lui, je ne pensais pas le voir ici, je pensais qu’il m’attendait au MOMA à NYC. Tellement surprise, tellement subjuguée que j’aurais aimé que tout le monde disparaisse à l’instant, j’aurais aimé virer cette vitre qui m’empêche de voir les reliefs. J’aurais aimé la sentir sous mes doigts cette peinture, ces taches, ces traces, cette énergie. Je me serais préparée si j’avais su que j’allais voir une œuvre de Jackson Pollock.

 

         Et puis je me serais encore plus préparée si on m’avait dit qu’il y en avait deux dont le deuxième fait partie de la période que j’affectionne le plus chez lui. Summertime Number 9a. Absurde, je me sens complètement absurde devant ce genre de peinture. Je sais juste que c’est inexplicable et que j’ai plein d’émotions qui me viennent face à « ces tâches, ces jets de peinture » comme disent certains. Pollock, c’est une longue histoire qui me suit depuis une quinzaine d’années maintenant. Fallait pas regarder Métropolis avec Ed Harris. L’acteur parlait avec une verve impressionnante comment Pollock avait changé sa vie en tant qu’homme, acteur et peintre. Il a d’ailleurs réalisé et joué un film en son honneur du nom du peintre. Puis quelques années plus tard, lors d’un shooting photo, un photographe veut faire quelques choses se rapprochant de Pollock en make-up (je ne sais pas comment je dois prendre la chose), je fais des recherches. Quelques années encore après, je retombe sur un livre, quelques tableaux et ça me parle, depuis tout ce temps, ça me parle. Je l’ai même inséré dans une de mes histoires il y a deux ans de ça. Et le voilà face à moi. Jackson…. J’irais quand même au MOMA…


            Je sors de mon coma et vais essayer d’aller apprécier d’autres œuvres. Oh non, mais on veut que j’ai une crise cardiaque ou quoi ? Rothko maintenant. Alors là, allez savoir pourquoi ces aplats de couleurs me retournent le ventre. Je l’ai découvert grâce à un ami (RC)  il y a 5 ans. Je passais une période difficile, cet ami est venu juste avec une carte postale de Rothko et m’a dit que ça me ferait peut-être du bien ; et bien ouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Comme si ce voyage était là pour remettre les choses en ordres, les priorités, les goûts, les bons souvenirs.


          Une salle entière lui est destinée. Une lumière tamisée, dommage peut-être, on ne voit pas les rouges aussi éclatants qu’on imagine. Je m’assois sur le banc (quel avantage aussi dans les musées anglais, des bancs partout ; on a le droit d’admirer, pas crevé) et je contemple. Je regarde les visages des gens. Ils ont l’air aussi content que moi d’être là. C’est Noël !


          Francis bacon, Kandinsky Matisse, Max Ernst… 

        Les salles s’enchainent et ne se ressemblent pas. Des expositions photos (guerilla girls: j'adore), des installations, des sculptures (dont certaines de Giacometti). Une salle consacrée à six tableaux de Gerhard Richter. Cage 1-6 de 2006. J’aime beaucoup. Des couches, des grattages, de la matière, de la couleur, rien de représentatif et tout en même temps.


        Je vais rapporter un propos déjà entendu plusieurs fois au musée. Certaines œuvres ont plus de 40 ans et toujours pas comprises pour certains. Un anglais dit à sa copine : « fais que je comprenne quelque chose. Dis-moi quelque chose qui me parle ». Il avait l’air vraiment mal de pas comprendre en même temps il souriait comme si on lui parlait une autre langue et lui de répondre : JE NE VOUS COMPRENDS PAS, JE NE PARLE PAS LE RUSSE.


J’ai noté l’œuvre en question: lightening with stag in its glare de joseph Beuys. Je lance un appel, car comme l’anglais, je n’ai pas saisi. Mais y-a-t-il toujours quelque chose à saisir ?


Pour info : Beuys' dramatic Lightning with Stag in its Glare, (Blitzschlag mit Lichtschein auf Hirsch),1958-85, is the only environment that the artist cast in bronze. An offspring of Beuys' seminal Workshop exhibition at the Martin-Gropius-Bau in Berlin in 1982, this monumental work is encrusted with layers of meaning. At its core, it enacts a dramatic moment in nature: A bolt of lightning (the large, suspended sculpture) strikes the ground, illuminating a stag (cast in highly reflective aluminum). Other animals are present, but are not so well illuminated. There is a goat (a metal cart with a pick resting on it) and worm-like primordial animals (the dark bronze forms scattered on the floor). The final element present, the Boothia Felix, is a metal tripod with a roughly rectangular mass on top of it and a small compass resting on top of that. This element is named for a strip of land in northern Canada that was the first established location of the north magnetic pole.

Ca m’aide pas beaucoup.

 


       J’ai découvert Clyfford Still, pas très éloigné de Malevitch, une de mes premières découvertes d’adolescente. M’en souviens comme si c’était hier. Kandinsky et Malevitch. Je ne sais pas pourquoi la couleur me parlait déjà. Je n’ai pas envie de partir et pourtant le musée ferme ses portes. Je me suis pris une grosse claque aujourd’hui. Plein d’idées, plein d’envie, et surtout celle de revenir.


       En reprenant le métro, je m’aperçois de l’heure. Sorti de bureaux. Shit. Foule. Partout. Sardine compressée dans le tube. Dehors il pleuvait à torrent, à l’intérieur il fait 40 degrés. Pas une place en vue, je commence à avoir de bouffées de chaleur, je vais tourner de l’œil d’ici peu. Je suis obligé de sortir de la rame pour ne pas vomir. Un peu d’air. Un autre métro passe et je le regarde,  incapable de bouger. Je n’ai pas mangé depuis combien de temps ?

 

       L’art ne nourrit pas, il m’a hypnotisé ou révélé mais n’a pas nourri mon estomac, j’ai dû passer quelques bonnes heures debout, plus la chaleur. Vais-je pouvoir rentrer jusqu’à chez moi ?

      je laisse encore passer un métro. Il faut que je me reprenne. Je prends le prochain et hop quelques stations plus tard, je descends. Et là, soit mon cerveau n’est plus irrigué, soit l’art m’a fait partir de mon propre corps ; je me retrouve en haut de l’escalier à me demander quel pied je dois avancer en premier. Heureusement ma raison est là : « on s’en fout, bouge-toi le cul, bordel, j’ai faim ! »

 

Sur ce, je rentre, heureuse !

Par Archibald Maspero
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